À mon père (1924-2005)
En 1940, les habitants de l'île anglo-normande d'AURIGNY (ALDERNEY en anglais) abandonnent tout ce qu'ils possèdent, terres et maisons, devant l'imminente arrivée des Nazis. Seule reste sur l'île une poignée de personnes, tous les habitants sont partis se réfugier en Ecosse ou au Pays de Galles... Peu en Angleterre.
L'armée allemande s'empare de l'île sans coup férir.
Elle va bientôt la transformer en un gigantesque camp de travail. Hitler qui la baptise du nom de code "île Adolf" veut en effet en faire la prolongation en mer de son paranoïaque "Mur de l'Atlantique". Elle sera bien plus que cela car la vie au sein des camps de travail (kommandos) est telle que certains d'entre eux méritent sans conteste le terme de camp de concentration. Certaines méthodes d'intimidation sont parfois tellement poussées qu'elles évoquent les camps d'extermination. Des accidents troublants font référence à d'autres du même type du côté de la mer Baltique. Rien d'étonnant à cela : Les SS sont partout et en 1943, ils auront la haute main sur toute l'île. Les "SS Têtes de Mort" (ceux de Neuengamme et Dachau) s'occupent "personnellement" du camp de Sylt, un camp pour refractaires allemands mais où seront également internés certaines "fortes têtes".
Aurigny sera un immense bagne sans subsistance réelle car les nazis et certains de leurs collaborateurs vont mettre ce lopin de terre de 6 km sur 1,5, en coupe réglée. Le pillage des denrées et le marché noir sont la règle. Les prisonniers meurrent de faim (au sens strict du terme) quand ce n'est pas à la tâche. Dans les nombreux camps (beaucoup plus que le chiffre officiel) sévit une brutalité gratuite. Sur le plan de l'hygiène et de la nourriture, la troupe et les gardes Todt ne sont guère mieux lotis.
Ce site lui est dédié à tous ceux qui, quelque soit leur race, leur couleur de peau, leur position philosophique ou religieuse, ont subi les sévices et les tortures nazis sur cette île oubliée et toujours mal connue.Jean-Louis VIGLA
Journaliste rédacteur en chef, écrivain, ancien élève de l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, licencié ès lettres ibériques et ibéro-américaines, titulaire du Cambridge F.C.E. (grade B) et du S.E.F.I.C. (IntermediateA) de la Chambre de Commerce de Londres.